mercredi 27 janvier 2016

La maladie des incompris



Cette photo a été prise fin mars 2012. Deux semaines plus tard, après des mois de médication et de séance avec une psychologue, j'étais dans le bureau de mon médecin en larmes et je lui demandais: "Est-ce qu'il y a une place pour le monde comme moi?!"

Il y a des maisons pour les personnes âgées ou en perte d'autonomie et des centres de désintoxication pour les alcoolique ou les drogués mais les fous vont où eux?!

La réponse? J'aurais pu être admise en psychiatrie à l'hôpital quelques jours avant de fêter la première année de vie de mon garçon.

La dépression, elle a plusieurs visages, elle a plusieurs histoires. Il y a des points éléments communs entre ces visages ou ces histoires mais il y a aussi dès différences.

Elle nous fait perdre gros! Questionnez-moi sur cette période et je suis certaine que je ne pourrai vous répondre.

Quand est-ce que mon fils a parlé? C'était quoi son premier mot? Quand est-ce qu'il s'est assis ou à rampé pour la première fois? Aucune idée. Pourtant, je m'occupais de lui. J'étais présente de corps mais la tête n'y était pas...

Mon couple a aussi failli y passer. Comment aimer quelqu'un qui n'a plus de raison de vivre? Comment aimer quelqu'un qui n'est plus capable d'être heureux? Et à l'inverse, comment être à l'écoute des besoins des autres quand tu ne peux même plus t'occuper des tiens.

Nos proches aussi en ont souffert... Quand ils ne savent pas ce qui se passe et qu'ils sont mis de côté car on ne veut plus voir personne. On ne veut pas qu'ils voient ce qui se passe chez-nous! On a plus la force de faire semblant!

Ce que je me souviens? J'achetais des fruits à l'épicerie mais les seuls que mes enfants mangeaient, c'était des bleuets... Pourquoi? Parce que je n'avais pas l'énergie d'equeuter des fraises...

Est-ce que j'avais l'air malade? Pour mes proches, ceux qui ont vu les kilos me fondre sur le corps, oui. Est-ce qu'ils pouvaient deviner ce que j'avais non?

Pour les nouveaux voisins, j'avais l'air d'une femme tout à fait normale qui perdait du poids suite à l'arrivée d'un bébé. J'avais l'air d'une femme qui avait la vie rêvée. Un beau gros cottage en banlieue avec une piscine et une grosse haie de cèdres! J'avais un gros VUS et une sacoche griffée!

Pour la caissière à l'épicerie, j'avais l'air d'une femme fatiguée par l'arrivée d'un nouveau bébé et une fillette de 3 ans.

Pour mon chum, j'étais l'ombre de la femme qu'il avait connu un jour.

Pour moi, je n'étais plus rien.

Nous sommes maintenant en 2016, je suis toujours en vie!


Mon message pour tous ceux qui souffrent de la maladie des incompris (celle qui ne se voit pas mais qui nous démoli de l'intérieur): on peut s'en sortir!

Signé: la folle trentenaire! xx



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